Javier Goyeneche, nettoyeur de mer

Publié le Dimanche 03 mars 2019
Sa marque Ecoalf transforme les déchets des océans en vêtements
Javier Goyeneche, nettoyeur de mer

Javier Goyeneche est un homme inspiré. Il y a plus de dix ans, cet entrepreneur espagnol a pris conscience des quantités incommensurables de plastique qui sont utilisées chaque année, et dont une grande partie finit par se retrouver dans les océans. Il décide alors de s’intéresser à la manière dont ces déchets pourraient être réutilisés.

 

Il lance alors Ecoalf, une marque de mode dont les pièces sont confectionnées à partir de déchets recyclés. Pionnière dans son domaine, elle recycle des filets de pêche inutilisables (les pêcheurs les changent tous les cinq à six ans et nombre d’entre eux se retrouvent au fond de l’océan), des bouteilles en plastique, des pneus et même du marc de café. Ecoalf est ainsi parvenue à fabriquer pas moins de 98 tissus recyclés dont le toucher est identique à celui d’une matière traditionnelle, en s’appuyant sur des technologies de pointe.

 

70 bouteilles en plastiques sont nécessaires pour produire un mètre de tissu, tandis que la fabrication d’une veste en nécessite 80. « L’idée était de créer une marque qui soit vraiment durable, et des vêtements à partir de matériaux recyclés sans qu’ils en aient l’air », explique-t-il. Les collections mettent à l’honneur des pièces à l’esprit sportswear et aux coupes épurées, telles que des chemises ou des combinaisons amples, des cirés ou des pantalons larges… Mais aussi des sacs à main et une basket entièrement réalisée à partir de bouteilles en plastique recyclées.

 

En plus de ce pari ambitieux, Javier Goyeneche initie des opérations locales. À travers son projet « Upcycling the Oceans», il s’est associé à plus de 4 000 pêcheurs volontaires en Espagne et en Thaïlande, dans l’optique de recycler le plastique et les déchets qu’ils récoltent dans leurs filets pour les transformer en vêtements. Un projet porteur d’espoir, puisque plus de 330 tonnes ont ainsi été récupérées depuis 2015.